Le jour se lève…

Il y a un moment que j’aime dans la journée…  le  lever de Soleil… 

 

- Poème de Victor Hugo  -

L’aurore s’allume, « Les chants du crépuscule  »   

L’ombre épaisse fuit;
Le rêve et la brume
Vont où va la nuit ;
Paupières et roses
S’ouvrent demi-closes ;
Du réveil des choses
On entend le bruit.

Tout chante et murmure,
Tout parle à la fois,
Fumée et verdure,
Les nids et les toits ;
Le vent parle aux chênes,
L’eau parle aux fontaines ;
Toutes les haleines
Deviennent des voix !

Tout reprend son âme,
L’enfant son hochet,
Le foyer sa flamme,
Le luth son archet ;
Folie ou démence,
Dans le monde immense,
Chacun recommence
Ce qu’il ébauchait.

Qu’on pense ou qu’on aime,
Sans cesse agité,
Vers un but suprême,
Tout vole emporté ;
L’esquif cherche un môle,
L’abeille un vieux saule,
La boussole un pôle,
Moi la vérité !

 » Les chants du crépuscule  « 

- Victor Hugo -

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Le lendemain, nous avons l’Aurore le Chêne et moi rendez-vous au même endroit…

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- Alphonse Lamartine -

L’Orient jaillit comme un fleuve, 
La lumière coule à long flot, 
La terre lui sourit et le ciel s’en abreuve 
Et de ces cieux vieillis, l’aube sort aussi neuve 
Que l’aurore du jour, qui sortit du Très Haut. 

Et des pleurs de la nuit, le sillon boit la pluie, 
Et les lèvres de fleurs distillent leur encens, 
Et d’un sein plus léger l’homme aspire à la vie 
Quand un esprit divin vient englober ses sens. 

Notre terre éblouie du rayon qui la dore, 
Nage plus mollement dans l’élastique éther, 
Comme un léger nuage enlevé par l’aurore 
Plane avec majesté sur les vagues de l’air. 

Les pointes des forêts que les brises agitent, 
Bercent l’ombre et la fraîcheur pour le choeur des oiseaux ; 
Et le souffle léger des ondes pures qui palpitent 
Parfume en s’exhalant le lit voilé des eaux. 

Celui qui sait d’où vient l’aurore qui se lève,
Ouvre ses yeux noyés d’allégresse et d’amour,
Il reprend son fardeau que la vertu soulève

S’élance, et dit  » Marchons à la clarté du jour ! « 

- Alphonse Lamartine -

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Un autre Matin, Bigoudi empreinte les chemins… « Verrais-je les Lutins… » 

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Guy de Maupassant en parlait si bien dans …

« Le Pays de Korrigans » – En Bretagne -

… Enfin, suivant toujours la côte entre la lande et l’Océan, vers le soir, du sommet d’un tumulus, j’aperçus devant moi les champs de pierres de Carnac.

Elles  semblent vivantes, ces pierres alignées interminablement, géantes ou toutes petites, carrées, longues, plates, avec des aspects de grands corps minces ou ventrus. Quand on les regarde longtemps, on les voit remuer, se pencher, vivre !

On se perd au milieu d’elles ; un mur parfois interrompt cette foule de granit ; on le franchit, et l’étrange peuple recommence, planté comme des avenues, espacé comme des soldats, effrayant comme des apparitions.

Et le coeur vous bat ; l’esprit malgré vous s’exalte, remonte les âges, se perd dans les superstitieuses croyances. Comme je restais immobile, stupéfait et ravi, un bruit subit derrière moi me donna une telle secousse que je me retournai d’un bond ; et un vieux monsieur vêtu de noir, avec un livre sous le bras, m’ayant salué, me dit :

- Ainsi, monsieur, vous visitez notre Carnac.

Je lui racontai mon enthousiasme et la frayeur qu’il m’avait faite. Il continua :

- Ici, monsieur, il y a dans l’air tant de légendes que tout le monde a peur sans savoir de quoi. Voilà cinq ans que je fais des fouilles sous ces pierres ; elles ont presque toutes un secret, et je m’imagine parfois qu’elles ont une âme. Quand je remets les pieds au boulevard, je souris, là-bas, de ma bêtise ; mais quand je reviens à Carnac, je suis croyant, croyant inconscient ; sans religion précise, mais les ayant toutes.

Et, frappant du pied :

- Ceci est une terre de religion ; il ne faut jamais plaisanter avec les croyances éteintes ; car rien ne meurt. Nous sommes, monsieur, chez les druides, respectons leur foi !

Le soleil, disparu dans la mer, avait laissé le ciel tout rouge, et cette lueur saignait aussi sur les grandes pierres, nos voisines.

Le vieux sourit.

- Figurez-vous que ces terribles croyances ont en ce lieu tant de force, que j’ai eu, ici même, une vision ! Que dis-je ! une apparition véritable ! Là, sur ce dolmen, un soir, à cette heure, j’ai aperçu distinctement l’enchanteresse Koridwen, qui faisait bouillir l’eau miraculeuse.

Je l’arrêtai, ignorant quelle était l’enchanteresse Koridwen.

Il fut révolté.

- Comment ! vous ne connaissez pas la femme du dieu Hu et la mère des korrigans !

- Non, je l’avoue. Si c’est une légende, contez-la-moi. Je m’assis sur un menhir, à son côté.

Il parla.

Le dieu Hu, père des druides, avait pour épouse l’enchanteresse Koridwen. Elle lui donna trois enfants, Mor-Vrau, Creiz-Viou, une fille, la plus belle du monde, et Aravik-Du, le plus affreux des êtres.

Koridwen, dans son amour maternel, voulut au moins laisser quelque chose à ce fils si disgracié, et elle résolut de lui faire boire l’eau de la divination.

Cette eau devait bouillir pendant un an. L’enchanteresse confia la garde du vase qui la contenait à un aveugle nommé Morda et au nain Gwiou.

L’année allait expirer, quand les deux veilleurs se relâchant de leur zèle, un peu de la liqueur sacrée se répandit, et trois gouttes tombèrent sur le doigt du nain, qui, le portant à sa bouche, connut tout à coup l’avenir. Le vase aussitôt se brisa de lui-même, et Koridwen, apparaissant, se précipita sur Gwiou, qui s’enfuit.

Comme il allait être atteint, pour courir plus vite, il se changea en lièvre ; mais aussitôt l’enchanteresse, devenant lévrier, s’élança derrière lui. Elle allait le saisir sur le bord d’un fleuve mais, prenant subitement la forme d’un poisson, il se précipita dans le courant. Alors, une loutre énorme surgit qui le poursuivit de si près qu’il ne put échapper qu’en devenant oiseau. Or, un grand épervier descendit du fond du ciel, les ailes étendues, le bec ouvert ; c’était toujours Koridwen ; et Gwiou, frissonnant de peur, se changeant en grain de blé, se laissa choir sur un tas de froment.

Alors, une grosse poule noire, accourant, l’avala. Koridwen, vengée, se reposait, quand elle s’aperçut qu’elle allait être mère de nouveau.

Le grain de blé avait germé en elle ; et un enfant naquit, que Hu abandonna sur l’eau dans un berceau d’osier. Mais l’enfant, sauvé par le fils du roi Gouydno, devint un génie, l’esprit de la lande, le korrigan. C’est donc de Koridwen que naquirent tous les petits êtres fantastiques, les nains, les follets qui hantent ces pierres. Ils vivent là-dessous, dit-on, dans des trous, et sortent au soir pour courir à travers les ajoncs. 

Restez ici longtemps, monsieur, au milieu de ces monuments enchantés ; regardez fixement quelque dolmen couché sur le soi, et vous entendrez bientôt la terre frissonner, vous verrez la pierre remuer, vous tremblerez de peur en apercevant la tête d’un korrigan, qui vous regarde en soulevant du front le bloc de granit posé sur lui. Maintenant, allons dîner….

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Voilà, le jour est là…

Un autre lever de Soleil … Ici … ou,

peut-être préférez-vous le coucher de Soleil … Ici

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Carnac

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4 commentaires pour “Le jour se lève…

  1. waouh!!!!très beau…..Surtout Maupassant, cet aspect de la Bretagne me fascine ,je suis toujours a la recherche de lectures sur ce sujet(au grand désespoir de Mr Julie….) Bises

  2. Je trouve certains levers de soleil encore plus beaux que les couchers, tes jolies photos en sont la preuve !
    Très belle année 2015 à toi et à tous ceux qui te sont chers !
    Bisous
    Cathy